Administration d'anti-D après la naissance pour prévenir l'allo-immunisation Rhésus

L'immunisation des femmes de rhésus négatif avec de l'anti-D après la naissance d'un bébé de rhésus positif réduit les risques de développer des anticorps Rhésus.

Les mères et les bébés peuvent avoir des caractéristiques sanguines incompatibles (comme des bébés de rhésus positif et des mères de rhésus négatif). Après la naissance d'un bébé de rhésus positif, les femmes de rhésus négatif se voient administrer une injection d'anti-D qui vise à prévenir la formation d'anticorps qui attaqueraient les globules rouges d'un bébé de rhésus positif au cours d'une grossesse ultérieure. Ces anticorps peuvent anémier le bébé et dans en cas d'anémie grave, peuvent entraîner le décès de ce dernier. Cette revue de six essais, totalisant plus de 10 000 femmes, a démontré que les femmes de rhésus négatif ayant reçu de l'anti-D dans les 72 heures suivant la naissance d'un bébé de rhésus positif avaient moins de chance de développer des anticorps Rhésus dans les six mois suivant la naissance et au cours de leur prochaine grossesse.

Conclusions des auteurs : 

L'anti-D, administré dans les 72 heures suivant la naissance, réduit le risque d'allo-immunisation RhD chez les femmes de rhésus négatif qui ont donné naissance à un bébé de rhésus positif. Pour autant, les données sur le dosage optimal sont limitées.

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Contexte : 

Le développement d'une immunisation rhésus et son utilisation prophylactique depuis les années 1970 fait qu'aujourd'hui, on constate très peu d'allo-immunisation Rhésus D (RhD) grave.

Objectifs : 

L'objectif de cette revue systématique était d'évaluer les effets de l'anti-D sur les femmes de rhésus négatif, avec aucun anticorps anti-D, qui avaient donné naissance à un bébé de rhésus positif.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre d'essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (mars 2010) et les références bibliographiques des articles pertinents.

Critères de sélection : 

Les essais randomisés portant sur les femmes de rhésus négatif sans anticorps qui ont reçu de l'immunoglobuline anti-D dans le postpartum par rapport à l'absence de traitement ou à un placebo.

Recueil et analyse des données : 

Les évaluations des critères d'inclusion, la qualité des essais et l'extraction des données ont été réalisées par chaque auteur de manière indépendante. Les analyses initiales incluaient tous les essais. Les autres analyses ont évalué l'effet de la qualité de l'essai, la compatibilité ABO et le dosage.

Résultats principaux : 

Six essais éligibles comparaient la prophylaxie anti-D du post-partum avec l'absence de traitement ou un placebo. Les essais totalisaient plus de 10 000 femmes, mais la qualité des essais était variable. L'anti-D diminuait l'incidence d'une allo-immunisation RhD six mois après la naissance (risque relatif (RR) 0,04 ; intervalle de confiance (IC) à 95 % 0,02 à 0,06) et au cours d'une grossesse ultérieure (RR 0,12 ; IC à 95 % 0,07 à 0,23). Ces avantages étaient constatés quelque soit le statut ABO de la mère et de l'enfant, quand l'anti-D était administré 72 heures après la naissance. Les dosages plus élevés (jusqu'à 200 microgrammes) étaient plus efficaces que les dosages plus faibles (moins de 50 microgrammes) pour prévenir l'allo-immunisation RhD au cours d'une grossesse ultérieure.

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Les traductions sur ce site ont été rendues possibles grâce à la contribution financière du Ministère français des affaires sociales et de la santé et des instituts publics de recherche canadiens. Cliquez ici pour plus d'informations à propos de notre projet de traduction.