Thyrolibérine associée à des corticostéroïdes pour les femmes présentant un risque de naissance prématurée afin de prévenir une maladie respiratoire néonatale

La thyrolibérine (TRH) administrée avec des corticostéroïdes n'améliore pas les bénéfices des corticostéroïdes sur les poumons des bébés nés trop tôt, et peut accroître les dommages.

Les bébés nés prématurément (avant 37 semaines de grossesse) présentent un risque de difficultés respiratoires (tels que le syndrome de détresse respiratoire). La TRH augmente les hormones de la thyroïde du bébé et on a pensé qu' en ajoutant de la TRH aux corticostéroïdes pour les femmes qui accouchent prématurément, on pouvait augmenter les bénéfices des corticostéroïdes sur les poumons du bébé.

Cette revue a inclus 15 essais, d'un risque modéré de biais, qui portaient sur plus de 4 600 femmes et leurs bébés. Dans cette revue, la TRH, administrée avec des corticostéroïdes pour les femmes présentant un risque d'accouchement prématuré, n'ont pas semblé réduire davantage les difficultés respiratoires pour les bébés. Les bébés nés de mères ayant reçu de la TRH avec des corticostéroïdes, étaient plus susceptibles de nécessiter une prise en charge de la respiration que les bébés nés de mères qui recevaient uniquement des corticostéroïdes. Les femmes recevant de la TRH étaient plus susceptibles de présenter des effets secondaires indésirables, tels que des nausées, vomissements et des rougeurs que les femmes qui ne recevaient que des corticostéroïdes.

Par conséquent, sur la base des preuves actuellement disponibles, la l’administration de TRH pour prévenir la maladie respiratoire néonatale n'est pas recommandée chez les femmes présentant un risque d'accouchement prématuré.

Conclusions des auteurs : 

La TRH prénatale, en complément des corticostéroïdes, administrée aux femmes présentant un risque de naissance prématurée n'améliore pas les résultats sur le bébé et peut entraîner des effets secondaires chez la mère.

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Contexte : 

La thyrolibérine (TRH) associée aux corticostéroïdes prénataux a été proposée comme moyen de réduire davantage les problèmes respiratoires et la maladie pulmonaire néonatale chez les bébés prématurés.

Objectifs : 

Évaluer l'effet de l'administration de TRH prénatale en plus des corticostéroïdes chez les femmes présentant un risque de naissance prématurée pour la prévention de la maladie respiratoire néonatale.

Stratégie de recherche documentaire : 

Nous avons effectué des recherches dans le registre des essais cliniques du groupe Cochrane sur la grossesse et la naissance (30 juin 2013) et les références bibliographiques des études trouvées. Nous avons également contacté les auteurs des études.

Critères de sélection : 

Les essais contrôlés randomisés portant sur les femmes présentant un risque suffisant de naissance prématurée pour garantir l'utilisation des corticostéroïdes prénataux afin de promouvoir la maturité pulmonaire. La TRH et les corticostéroïdes étaient comparés aux corticostéroïdes, avec ou sans placebo.

Recueil et analyse des données : 

Toutes les évaluations sur l'éligibilité de l'essai, le risque de biais et les extractions des données ont été effectuées par au moins deux auteurs de la revue, de manière indépendante.

Résultats principaux : 

Plus de 4 600 femmes ont été recrutées dans les 15 essais inclus dans la revue, mais deux essais n'ont pas fourni de données de résultats à la revue. Les essais présentaient un risque modéré de biais. Dans l'ensemble, la TRH prénatale, en complément des corticostéroïdes, ne réduisait pas le risque de décès avant la sortie d'hôpital (risque relatif (RR) à 95% 1,05, intervalle de confiance (IC) à 95% 0,86 à 1,27, six essais, 3 694 nourrissons), le syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né (RR moyen 1,05, IC à 95% 0,91 à 1,22, neuf essais, 3833 nourrissons), ou la maladie pulmonaire chronique (RR 1,01, IC à 95% 0,85 à 1,19, cinq essais, 2511 nourrissons), et n'améliorait pas non plus les critères de jugement secondaire fœtaux, néonatals ou chez l’enfant dans les analyses en intention de traiter.

De fait, les données ont montré que la TRH prénatale avait des effets indésirables pour les femmes et leurs bébés. Tous les effets secondaires rapportés (nausées, vomissements, étourdissements, impériosité de miction, bouffées vasomotrices) étaient significativement plus susceptibles de se produire chez les femmes recevant de la TRH. Chez les nourrissons, la TRH prénatale a augmenté le risque de recours à une assistance respiratoire (RR 1,16, IC à 95% 1,03 à 1,29, trois essais, 1 969 nourrissons), et d'avoir un faible score d'Apgar à cinq minutes (RR de 1,48, IC à 95% 1,14 à 1,92, trois essais, 1 969 nourrissons). Seuls trois essais ont fourni des données de suivi chez l'enfant : tandis qu'un essai suggérait des résultats défavorables pour les nourrissons ayant été exposés à la TRH prénatale, les deux autres essais, qui évaluaient les nourrissons à l'aide d'un instrument établi de mesure du développement, n’ont montré aucune différence claire entre les groupes en termes de critères de jugement de suivi.

Les analyses de sensibilité en fonction de la qualité d'essai, ou des sous-groupes avec des durées différentes entre l'admission et la naissance, ou des différentes posologies de TRH, n'ont pas modifié ces découvertes.

Notes de traduction : 
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